Pour en finir avec Chantal Goya

ma mère pensait que j'étais amoureux de Chantal Goya
juste parce que j'étais déjà
fasciné par l'hystérie, le sourire forcé tout le temps et le speed absolu de tout ça
effrayé par le meurtre commis par un lapin aux yeux injectés de sang
le meurtre d'un chasseur qui
un chasseur qui

j'avais 8 ans ou moins je ne sais pas
et j'ai vu Chantal Goya en concert


et ce sourire forcé et cette voix forcée et ces chansons forcées
la pure artificialité de tout ça
la vraie pure complète artificialité du show
local à quelque chose comme Palavas les Flots

et la violence du lapin fou
la myxomatose

m'ont fasciné encore


et quand j'avais 20 ans j'ai vu un poussif come back
dans la communauté gay


Becassaïne is my cousaïne


et je ne sais plus 

je ne sais pas si c'est bien d'avoir essayé
peut-être que ma mère avait raison


peut-être que l'hystérie de Chantal Goya ce n'était tellement pas moi que c'était ça
peut-être que tout ce que je ne peux contrôler
comme la peur et les mélodies qui
les mélodies qui

peut être que tout ce qui est à l'envers de ce que je crois être
c'est moi
peut-être que là où j'ai tort et que le seul endroit où j'ai tort
mais suffisant pour tout pourrir


c'est de croire avoir les moyens d'être moi


enfin voilà


il est clair que je n'en ai pas fini
avec Chantal Goya.

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