Vous n'allez pas croire ce poème

 J'aimerais écrire comme l'IA de storytelling qui l'autre fois m'a tenu en haleine pendant quelque chose comme une heure

Lorsque le poète déclare qu'il aimerait écrire comme l'IA

notez bien qu'il n'a pas dit qu'il aimerait écrire comme l'IA, mais plus spécifiquement comme cette IA précise qui l'a tenu en haleine

il ne dit pas "passionné", ou même "intéressé", il dit

"tenu en haleine", et c'est la force du poète que de nous faire voir, littéralement dans ces quelques mots,

"tenu en haleine", de nous faire voir un lecteur sous l'emprise, assoiffé de sens, de vérité.

Il faut savoir que son enfance dans le Nevada ne fut pas facile. L'oncle Thom avait tout du voisin débonnaire, amateur de thé à la menthe et d'écureuils farcis : mais dans le cahier noir du poète, à la page 675, quelqu'un d'attentif, n'importe quel lecteur ordinaire que la fantaisie aura pris de feuilleter son autobiographie "Loin en arrière dans le Nevada, mais pour toujours" - on notera le titre énigmatique et puissamment évocateur de cet ouvrage qui fut qualifié par les critiques, pour les uns "de chef d'oeuvre de sensibilité", pour les autres, d'"inommable bouse"... Le temps aura bien départagé les fautifs de ceux qui voyaient juste ! 

N'importe quel lecteur attentif aura remarqué, page 675 de l'ouvrage, une mention mystérieuse de la "barbiche de Monika". Référence à Bergman ? Ou bien, un détail infiniment plus révélateur de la vie personnelle du poète, puisque le chien lui avait mordu le mollet, et le médicament en vente cette année là, qui fut retiré après à peine trois mois d'exploitation et plusieurs plainte pour mort subite et mal de dents, s'appelait précisément Monikophrégon ?

Mais quand il se rendit compte, après quelques années à Montpellier, après des années, des décennies en fait, à abreuver, caresser, gratouiller et incidemment chatouiller cette passion qu'il conçut, pour la musique, l'esprit, le goût de Pascal Comelade, que sa reprise de Faust, The sad skinhead - d'une actualité hélas jamais bien démordue, comme dirait le chien, était en mesures impaires rares, à sept temps pour être précis, il lui prit l'envie de réécouter l'original pour s'assurer que la chanson originelle était elle en 4/4 conventionnel, ou le cas échéant, pour s'assurer que non, mais il eut un sourire en pensant que le mystère ne s'arrêtait jamais quand il s'agit des choses qu'on aime, au fond, et qu'impair ou pas, il était temps d'arrêter ce jeu à la con.